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Diocèse de Man

Son excellence Mgr Gaspard BEBY GNEBA, Évêque du diocèse de Man et Son presbyterium,
ont la profonde douleur de vous annoncer
le décès du Révérend Père BAFLAN Yaodrou Michel. Décès survenu le 17 mai 2012.
IMPORTANT
Depuis le 2 avril 2011, nous sommes sans nouvelle d'un de nos prêtres
qui servait comme vicaire à la paroisse de Bloléquin : Père GOGBEU Damien
Les faits marquants de l'année pastorale 2010-2011

1- L'Assemblée diocésaine annuelle marquant le lancement de l'année pastorale s'est déroulée du 6 au 9 octobre 2010 au Centre d'accueil "Béthanie" de Man avec une très forte participation de prêtres, de religieuses et de fidèles laïcs. L'Evêque diocésain, Monseigneur Gaspard Béby GNEBA a proposé qu'en cette année pastorale 2010-2011, les fidèles du Christ à Man puissent mener une réflexion commune sur "les mouvements ecclésiaux" et leur contribution à l'édification de l'Eglise-famille-de-Dieu. Cette réflexion devrait être menée à trois niveaux à savoir: le niveau paroissial, le niveau des vicariats forains et enfin le niveau diocésain qui connaîtrait son apothéose dans la première semaine du mois de mai 2011 avec la célébration diocésaine des mouvements, groupes de prières et communautés nouvelles à la Cathédrale de Man. Malheureusement l'évolution de la situation sociale et politique en Côte d'Ivoire, avec son cortège de déplacements massifs des populations, a conduit l'Evêque à reconduire ce thème pour l'année pastorale 2011-2012, vu que les paroisses dans leur ensemble éprouvent beaucoup de mal à le mettre en oeuvre dans de telles circonstances.

2- Paroisse Saint Michel de Man : Célébration des 75 ans de sa fondation
Les 8 et 9 octobre 2010, les diocésains de Man ont célébré avec la communauté paroissiale de Saint Michel de Man, les 75 ans marquant l'arrivée des premiers missionnaires et la fondation de la première mission catholique de Man. Bâtie autour de trois axes (construire l'histoire, s'ouvrir aux autres et préparer l'avenir), ce jubilé vécu dans la ferveur spirituelle, a été rehaussé par la présence non seulement de l'ordinaire du lieu, Mgr Gaspard Béby GNEBA, mais aussi de Son Eminence Bernard Cardinal Agré, Archevêque émérite d'Abidjan et premier évêque de Man, de 1968 à 1992. L'église cathédrale a refait à l'occasion sa toilette, grâce à quelques généreux donateurs et à la mobilisation exceptionnelle des paroissiens.

3- Visite d'amitié et de travail de Mgr BEBY en Europe
Du 14 au 28 octobre 2010, l'Evêque de Man a effectué une visite d'amitié et de travail en Europe, précisément en Belgique, en Allemagne et en France. Il s'agissait pour lui de prendre contact avec les partenaires du diocèse, les saluer et les remercier du chemin parcouru avec ses illustres prédécesseurs, leur partager sa vision pastorale et recueillir leurs conseils, suggestions et propositions pour un autre bout du chemin. Ce fut dans l'ensemble un voyage "fructueux" et surtout prometteur pour l'avenir. L'expérience a besoin d'être renouvelée afin de maintenir le contact et renforcer les liens d'amitié. Mgr BEBY était accompagné dans cette mission par le Père Emmanuel WOHI NIN, Secrétaire général de l'Evêché.

4- Un nouveau curé pour ZEO
Zéo avait déjà été érigée en paroisse dans les années '60. Avec la nomination de Mgr Agré comme premier évêque de Man, Zéo perd le privilège de siège paroissial au profit de Bangolo, plus grande agglomération située sur l'axe Duékoué-Man, en bordure de route. Depuis lors, les habitants de Zéo n'ont pas digéré cette situation qui de fait et de droit les faisait dépendre de Bangolo. En 2010, les cadres et ressortissants du village s'étant organisés, ont construit et offert un presbytère flambant neuf à l'évêque Man qui avait désormais pour charge d'affecter un prêtre et ouvrir ainsi de nouveau la paroisse de Zéo. Ce fut chose faite le 7 novembre 2010. Le Père Janssen Gbairo GUIRO (4 ans de sacerdoce) a été officiellement installé comme curé de la Paroisse Saint Paul de Zéo par Mgr BEBY, à la grande satisfaction des populations, des cadres et ressortissants dudit village.

5- Pastorale du développement
La priorité pour la pastorale du développement écononomique de l'homme de l'ouest est accordée pour les cinq ans à venir, aux catéchistes de nos villages. Ce choix de l'évêque montre l'importance que revêt à ses yeux, de ces "auxiliaires" de la pastorale diocésaine, appelés à être dans leur milieu de vie, des témoins du Christ vivant, donnant la vie en abondance. Si l'on veut parvenir à une prise en charge matérielle de l'Eglise par les laïcs, il faut qu'à la base, les disciples du Christ parviennent à se prendre eux-mêmes en charge. Or, force est de constater que les catéchistes sont très souvent les citoyens les plus à plaindre financièrement, en tout cas pour la plupart d'entre eux. Ainsi donc, depuis l'année pastorale 2009-2010, trente quatre (34) catéchistes, choisis par leurs curés respectifs, ont pu bénéficier de dix (10) hectares de café et vingt quatre (24) hectares de cacao pour leurs propres plantations. Le Vicaire épiscopal chargé du développement, Père Gian Luigi Marcassoli, OFM, a déjà une expérience probante dans la zone de Zouan Hounien en matière de culture du riz de bas-fonds. Il veut l'étendre à tout le diocèse et n'attend que les bonnes volontés. Pour 2010-2011, deux projets sont en cours, dont l'un avec le CICR pour 25 tonnes de semence de maïs à distribuer à environ 3000 foyers, et un autre avec le PNUD, pour 65 tonnes de riz de bas fonds, riz pluvial et légumes à distribuer à 7300 foyers.

6- Vœux perpétuels dans la famille thérésienne.
La Compagnie de Sainte Thérèse de Jésus a vu sa famillle s'agrandir le samedi 9 janvier 2011. En effet Soeur Lydie SOGL0, originaire du Bénin, a fait sa profession perpétuelle dans la famille thérésienne au cours d'une célébration fort recueillie et particulièrement émouvante. Au cours de la même célébration présidée par Mgr BEBY Gaspard, en présence des Soeurs Thérésiennes, des prêtres et de nombreux fidèles de la Paroisse Saint Michel de Man, Soeur Patricia GBANDA, originaire de Man, a prononcé ses premiers voeux temporaires dans la même Compagnie. L'Evêque a exhorté les profès à vivre la vie communautaire comme un appel et un don de Dieu, car la sainteté des religieuses dépend beaucoup de leur capacité à vivre l'unité dans la diversité au sein d'une communauté.

7- Benediction de la nouvelle eglise de Taï.
L'église paroissiale Sainte Famille, bâtie en 1994 par le Père Antonio, Fidei Donum, était devenue depuis quelques années trop exiguë pour les assemblées dominicales. Sous l'impulsion du nouveau curé, le Père GUEI Laurentin, mais aussi et surtout grâce à la générosité de nombreux donateurs italiens et ivoiriens, des travaux d'agrandissement ont permis à la paroisse de Taï d'avoir un lieu de culte digne et accueillant. C'est en présence de nombreux paroissiens des 16 villages, des représentants de la paroisse voisine de Zagné, que Mgr BEBY Gaspard a consacré l'église réhabilitée à la gloire de Dieu, le dimanche 14 février 2011. Au cours de l'homélie qu'il a prononcée ce jour, l'Evêque de Man a invité les fidèles de Taï à bâtir leur vie sur le roc, c'est-à-dire sur le Christ, en cultivant les vertus de foi, d'espérance et de charité, afin qu'ensemble, ils construisent l'Eglise-famille-de-Dieu.

8- Deux nouveaux diacres au service de l'église de Man.
Les séminaristes GUEI Anthelme de la Paroisse Saints Pierre et Paul de Bloléquin et TAHA Jean Sylvain de la Paroisse Saint Paul de Zéo ont été ordonnés diacres le samedi 19 février 2011 en la Cathédrale Saint Michel de Man. En attendant leur ordination sacerdotale, ils accompliront leur diaconie respectivement à Notre Dame de Biankouma et à Notre Dame des Monts Touras de Gbonné.

Crise post électorale en Côte d'Ivoire. SITUATION DU DIOCESE DE MAN. Les derniers développements de l'actualité à l'ouest de la Côte d'Ivoire font état de déplacements massifs de populations dans les localités de Logoualé, Biankouma, Bin-Houyé, Duékoué, Guiglo, Mahapleu et Zouan-Hounien. Ces déplacés internes viennent s'ajouter à ceux déjà présents à Danané, Duékoué et Man. La ville de Duékoué est aujourd'hui une ville sinistrée, voire complètement exsangue. La mission catholique de Duékoué accueille toujours des déplacés, dans des conditions particulièrement difficiles, et les prêtres sont à bout de souffle, moralement déconfits après avoir été témoins de nombreuses atrocités et graves violations des droits humains. Danané connaît une croissance exponentielle : de quelques centaines à plus de 3.800 déplacés, en provenance notamment de Zouan-Hounien et Bin-Houyé. Les nouvelles localités d'accueil (Logoualé, Biankouma, Bin-Houyé, Duékoué, Guiglo, Mahapleu et Zouan-Hounien) enregistrent dans leur ensemble 12.864 déplacés internes. Avec un tel tableau, il est certain qu'il nous faut au diocèse de Man réadapter notre pastorale. La Caritas diocésaine est toujours à pied d'ouvre. Il faut également signaler la présence des prêtres à leur poste dans les localités sus citées, ce qui constitue toujours un motif de consolation et de réconfort moral pour des populations très souvent désemparées. Aujourd'hui, nous vivons dans l'espérance d'une Côte d'Ivoire ressuscitant à une vie plus fraternelle.

P. Emmanuel WOHI NIN
Secrétaire général

Appel à l'appaisement et au dialogue de la conférence épiscopale de Côte d'Ivoire

Abidjan, le 03 janvier 2011

Chers frères,
Chères sours,
Chers compatriotes,
Chers habitants de la Côte d'Ivoire,

  1. 1. Dans notre dernier message adressé à l'ensemble du peuple ivoirien, à la veille de l'élection présidentielle sensée sortir le pays de huit années de crise profonde, nous, vos compatriotes et frères, Evêques de Côte d'Ivoire, nous vous invitions à saisir le véritable enjeu de ces échéances et à les vivre avec toute la responsabilité qui s'impose (Cf. Message à la nation ivoirienne à l'occasion des prochaines élections, 29 novembre 2009, n° 1-4).
  2. 2. Nous avons tous placé beaucoup d'espoir en ce scrutin. Nous étions convaincus de sortir de cette douloureuse et inutile crise qui a altéré notre cohésion nationale et ralenti la marche de notre pays sur la voie du développement.
  3. 3. Notre espoir était d'autant plus grand que nous pensions tous être conscients de la souffrance et de la misère dans laquelle cette situation a plongé les populations dans leur ensemble.
  4. 4. Les violents événements que nous vivons depuis le 2eme tour de l'élection présidentielle, avec le blocage politique, nous donnent de voir que nous ne sommes pas au bout de nos peines et que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à la paix.
  5. 5. Les médias nous font état d'attaques à main armée, de blessures par balles, à la machette ou au gourdin, de morts violentes, de destructions de biens publics, de pillages ou incendies de maisons, de pleurs et de désolations dans tous les camps ; pays coupé en deux avec deux chefs d'Etat et deux gouvernements.
  6. 6. Voilà la triste image que la Côte d'Ivoire, pays de fraternité et de dialogue, sert au monde entier.
  7. 7. Nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de ces femmes et hommes, enfants, jeunes et adultes qui ont perdu la vie. A toutes les familles endeuillées, nous présentons nos sincères condoléances. Que Dieu lui-même essuie vos larmes.
  8. 8. Laissons-nous interpeler par le sang et la souffrance de ces civils et soldats tués ou blessés. Nous compatissons à la souffrance des blessés et demandons que justice soit faite comme nous l'avions mentionné dans notre message à la nation à l'occasion des élections : songeons davantage à prendre en charge les diverses victimes de cette guerre. Nous pensons d'abord aux veuves, aux veufs, aux orphelins, aux mutilés de guerre, à ceux qui ont tout perdu, aux infectés du VIH/SIDA suite aux viols et autres violences sexuelles. » (cf. message à la nation à l'occasion des prochaines élections, n°40)
  9. 9. Comme à Caïn à qui Dieu demandait ce qu'il avait fait de son frère Abel dont il était jaloux, à chacun et à tous (hommes politiques, militants, communauté internationale), à nos consciences individuelles et collectives, le Seigneur demande : « Qu'as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,10).
  10. 10. Nous, Evêques de Côte d'Ivoire, après plusieurs rencontres avec nos frères Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA, ainsi que les trois chefs d'états envoyés spéciaux de la CEDEAO, avons choisi la voie de la médiation et de la négociation parce que respectueuse de la vie et de la dignité de la personne humaine. Nous avons également choisi cette voie parce que nous supposons que chacun des acteurs politiques ivoiriens aime vraiment son pays. C'est pour cela que nous croyons que la paix est encore possible, car nous avons confiance aussi en l'esprit de tolérance et de pardon des ivoiriens. Ils l'ont maintes fois démontré tout au long de cette lancinante et appauvrissante crise qui dure depuis septembre 2002. Nous, Evêques de Côte d'Ivoire recommandons ce qui suit :
      Que les deux candidats s'engagent pour trouver par la voie du dialogue un règlement pacifique du différend afin de ne pas mettre en danger la vie des populations. Qu'ils acceptent de se retrouver pour dialoguer malgré nos rancours cela serait un acte de courage, d'humilité et d'amour pour notre pays. Qu'ils appellent fermement leurs militants au calme et à la retenue. Que l'ONU se conforme aux principes fondamentaux qui la régissent et qui sont respectueux des droits de l'homme. Qu'elle fasse usage des moyens pacifiques de règlement du différend en vue d'apporter sa contribution à la résolution de la crise et s'en tienne strictement au maintien de la paix. Nous lui demandons avec insistance de respecter la souveraineté de notre pays. Que nos frères les Africains de l'UA et de la CEDEAO se rappellent le principe de solidarité africaine qui veut que quand la case du voisin brûle on l'aide à éteindre l'incendie. Aussi voudrions-nous respectueusement attirer leur attention sur les conséquences incalculables d'une intervention militaire pour le pays et la sous-région ouest africaine. Nous disons non à une telle intervention.
  11. 11. Nous sommes tous embarqués dans le même navire et personne n'a intérêt à le voir s'abîmer dans les eaux redoutables de la violence et de la guerre civile. Notre civisme doit nous mobiliser à construire ensemble ce pays dans la paix et la concorde. Les rafales des violences, les casses, les actes incendiaires ne résolvent rien, mais nous enfoncent toujours plus dans la pauvreté et la misère. Tout le monde a souffert et continue de souffrir particulièrement dans les zones Centre, Nord et Ouest (CNO).
  12. 12. Refusons systématiquement le faux martyr qui ne servirait qu'à la gloire des politiciens qui se soucient peu ou même pas de notre véritable avenir. Rejetons également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même. Abstenons-nous de tout acte à relent belliqueux et provocateur (Cf. Message à la Nation à l'occasion des prochaines élections, n° 34).
  13. 13. Cherchons à sauvegarder et à préserver la dignité et la souveraineté de notre pays en respectant et en faisant respecter ses institutions dans le dialogue vrai et dans la concertation fraternelle. Quand il s'agit de choisir entre la Côte d'Ivoire et les ennemis de la Côte d'Ivoire, nous choisissons la Côte d'Ivoire. Il est question de faire avancer notre pays sur la voie du développement et du progrès où les pauvres et les petits ne soient pas laissés pour compte. La paix et l'espérance sont à ce prix. "L'espérance ne déçoit pas" (Rm 5,5). Elle nous réconforte et nous soutient jusqu'au bout.
  14. 14. Recherchons l'unité, la cohésion et cultivons l'esprit de fraternité. Il convient en ces moments critiques et difficiles de se laisser guider par le souci constant de la recherche de la paix. Travaillons à l'apaisement des cours et faisons en sorte qu'« Amour et Vérité se rencontrent Justice et Paix s'embrassent » (Ps 84,11 ).
  15. 15. Nous voudrions rappeler à tous les croyants en général et aux chrétiens en particulier que la foi au Dieu Tout Puissant et Miséricordieux nous interdit l'usage de la violence sous toutes ses formes : ni par la parole, ni par les actes. Ayons tous la crainte de Dieu. Sur ce point nous nous réjouissons qu'en Côte d'Ivoire, il n'ya pas un Nord musulman qui serait opposé chrétien. Dans la même famille cohabitent parfois des musulmans et des chrétiens.
  16. 16. Ivoiriens et Ivoiriennes, Dieu nous aime ! Il ne nous abandonnera pas. Il est avec nous. Il nous invite à entrer en nous-mêmes pour un véritable examen de conscience. Cela nous permettra de découvrir que nous sommes loin du message d'amour inscrit en nos cours, et que le Royaume de Dieu commence dès ici-bas par la conversion, la réconciliation, le pardon et la charité agissante.
  17. 17. Puisse le Seigneur Dieu, par son Fils Unique Jésus-Christ, le Prince de la paix nous aider, grâce à son Esprit Saint réconciliateur, à reconstruire notre pays, en union avec la Vierge Marie, Notre-Dame de la paix.

Fait à Abidjan, le 03 janvier 2011
Vos frères les Evêques
de Côtes d'Ivoire


   
 
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